Les Chapot
Le 18 avril 1591 mon ancêtre Pierre FOUGEROUSE qui était marchand laboureur habitant la Fougerouse paroisse de St Anthème, se maria par contrat à St Anthème avec Bonnette CHAPOT fille de François CHAPOT sieur de la Besseyre, la Roche-Marchand et Mascortet(1), étant notaire royal et procureur d'office de la seigneurie de Montpelloux, habitant St Anthème, mandement de le Roue, et de Marguerite CALEMARD. La dite Bonnette est d'après le "Remacle"(2) la descendante d'une longue lignée de bourgeois, avec ses informations sur cette famille, on remonte jusqu'à Pierre CHAPPOT sieur de la Besseyre, paroisse de la Chaulme, né vers la fin du XIVè siècle et qui vivait encore en 1479.

Dans le livre "Dix siècles d'histoire en Vallorgue" édition de 1989, voici ce que l'auteur René CLÉMENT écrit sur les familles CHAPOT, de la ROUE et CALEMARD de RÉCUYER :
Durant les guerres de religions, dès la fin du XVIè siècle, au moment ou Henri IV reconquiert le royaume de France, un bourgeois local, Thomas CHAPOT, dans la carrière des armes, est promu capitaine, ayant à sa solde 200 hommes d'armes, ce qui pour cette époque est une promotion énorme. Pendant ce temps, le seigneur du lieu, Marc de la Roue, ne peut en rassembler en temps opportun qu'une cinquantaine. Colère et jalousie du seigneur de la Roue qui va jusqu'à des accusations calomnieuses. Mais Thomas CHAPOT, capitaine, intente alors un procès à son seigneur et celui-ci est condamné à Riom (siège de la juridiction) à 4000 livres d'amende. Il doit faire en outre l'amende honorable tête nue, pieds nus, une torche à la main devant l'église de Montferrand. Cette grande famille bourgeoise CHAPOT, originaire du village de la Besseyre, près de la Chaulme, va se scinder en cinq grandes branches.
La branche aînée a pour chef François, c'est la plus riche, elle s'éteindra
seulement à Clermont en 1920, à la mort de Madame CHAPOT-LAROCHE. Jean, souche
des CHAPOT-MONTPELLIER, famille de médecins, des CHAPOT-LABORIE, des
CHAPOT-DUVERT. Antoine, souche des branches les plus multipliées des autres
familles CHAPOT, certaines sont connus au XVIIè siècle sous le nom de
CHAPOT-LAPLUME ou dans l'ouest CHAPOT-VENDÉE dont l'évêque de Clermont,
Monseigneur de la CHANONIE, était un descendant de cette branche Vendéenne de la
famille CHAPOT. Un descendant des CHAPOT-DUVERT, compromis durant la période
révolutionnaire dans les excès du culte de la raison à Saint-Anthème, devenu
maire de maire de Saint-Anthème de 1884 à 1900. CHAPOT Camille, dit "le gros
Camille", représentant du parti radical de gauche, disait souvent à ses
familiers, au sujet des archives de cette période de la Révolution : «Il
faudrait les détruire car, plus tard, des "chercheurs" pourraient réveiller ces
vieilles choses peu agréables qui s'étaient produites avec le concours de
certains bourgeois locaux. Ils étaient devenus "d'opportunistes révolutionnaires
zélés", pour devenir dans l'avenir "des royalistes intransigeants" sous la
"restauration" après 1815.»
Dans la vallée de l'Ance du Nord l'antique famille "de la ROUE", vicomte de
Montpeloux, seigneur de la Roue, la Chaulme, Usson et autres donne une nette
idée des nobles féodaux, la grande famille des "CHAPOT" nous donne encore, à
partir du XVIè siècle, un nouvelle exemple des familles bourgeoises. Lors d'une
visite à Paris, en 1691 (relatée dans le manuscrit familial CHAPOT-LAROCHE) que
firent Balthazar CHAPOT, curé de" Saint-Anthème et de son neveu Benoît-Anthème
CHAPOT chez le marquis de RIVAROL, époux de la belle Marthe-Gabrielle de
PIERREFORT la ROUE dans son hôtel particulier. En les présentant à une brillante
société à des invités de marque, il disait qu'il les considérait comme la plus
ancienne et honorable famille des terres de la Roue. A cette même époque, Jean
CHAPOT émigre au Portugal 1656-1705, cette "tige" deviendra les CHAPOT de MELLO
dont le dernier représentant serait mort il y a une trentaine d'années à
Lisbonne. Nombreuses alliances durant les XVIIè et XVIIIè siècles de la famille
CHAPOT avec d'autres familles bourgeoises ou nobles. Les SAINT-POL de VILLEDIEU,
les CALMARD de RÉCUYER, les BOYER de la SALLE à Viverols. On les retrouve
partout, notaires, curés, médecins, baillis, juges de Paix ou hommes de guerre,
dans les domaines fonciers, la branche aînée des CHAPOT possédait la Bertanderie,
la Grange-neuve, la Roche-Marchand, le Mascural ou le "mas du curé". Pour les
pauvres de la paroisse de Saint-Anthème, le curé de Saint-Anthème, Balthazar
CHAPOT, acquiert le 7 mai 1706, la Jasserie et les propriétés des "Jassoux" qui
sera le "jas des pauvres" jusqu'à la révolution où il sera mis en vente comme
bien national, ce qui est vraiment étonnant de la part de l'état républicain et
moralisateur.
Quelques mots sur la famille de la ROUE évoquée plusieurs fois ci-dessus :
Pierre Guillaume est le premier seigneur connu de la Roue, vers 1096, il est un familier, puis part en croisade avec le comte du Forez et en 1126, il est chancelier d'Ascalon. A ce titre vient s'ajouter celui de vicomte de Montpeloux, ce qui tendrait à prouver que les premiers seigneurs de Montpeloux sont venus habiter ce nouveau château féodal construit grâce et avec l'aide du comte du Forez. Ils pourraient être les hommes qui créèrent de bonne heure cette puissante famille que suivant le chanoine "AUDIGIER" fait sortir par la branche féminine des MONTBOISSIER, elle prit le nom du lieu "de la ROUE", "de ROTA". Les premiers seigneurs avaient pour devise «encore un tour de roue et tout pousse à la Roue» et pour armes fascé d'or et d'azur de six pièces, en description vulgaire «un blason d'azur coupé de trois bandes horizontales d'or».
J'aimerais terminer en évoquant la famille CALEMARD, Marguerite CALEMARD la mère
de Bonnette CHAPOT étant un des membres de la branche "de RÉCUYER" de cette
grande famille bourgeoise. Voici ce que Monsieur CLÉMENT écrit sur la famille
CALEMARD et le petit château de Récuyer :
Ce petit château
bâti sur la paroisse de Saillant était habité par une importante famille
bourgeoise qui exerça de nombreuses charges dans la magistrature des
châtellenies de Montpeloux et de la Roue. L'origine de la famille CALEMARD
venait d' Espagne, de la province de Téruel en Aragon, au lieu-dit de "Calomarde".
Ils vinrent par la suite à s'établir en un lieu qui porte le nom de "Calmard"
dans la paroisse de Saillant. Hierosme CALEMARD, épouse Jeanne de BOSTFRANCHET,
leur fils Jean CALEMARD eut quatre enfants qui firent quatre branches. Parmi ces
branches, l'une dite de "LA FAYETTE" s'établit dans le Velay, une autre celle de

En 1666,
les CALEMARD avaient pour armoiries : de l'or à trois pommes de pin renversées
de sinople, deux et une. La seconde branche des CALEMARD de RÉCUYER adopta et
fit sculpter sur les portails d'entrée de l'or à la pomme de pin de sinople, au
chef de gueules. Ce petit château de Récuyer passa en héritage par mariage à la
famille CHAPOT-LAROCHE au cours du 18° siècle, il est actuellement en ruines.
Alain
(1) Je pense
qu'en fait, comme l'écrit d'ailleurs Monsieur René CLÉMENT, il faut lire le
Mascural ou le "mas du curé".
(2) Le comte de
Remacle, dans la première moitié du XXè siècle, a fait un gros travail sur les
seigneuries en Basse Auvergne et avait donc entassé tout un tas d'informations
sur les familles, pas toujours nobles loin de là, mais disons plus exactement
bourgeoises ou notables, propriétaires des terres en question.
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dernière mise à jour : 20 décembre 2004 |